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TTRP:S
blanche sur le noir, et presque noire sur le blanc.
J'en jetai dans le feu pour voir quel effet elle auroit,
ayant la figure
et
le grain de la poudre fine; mais
elle ne produisit que quelques légers frémissemens,
. sans jeter la moindre flamme.
Le
1
8 septembre, il y eut
a
Santorin un tremble–
.ment de terre qtii ne
fit
aucun dommage. L'ile s'en
accrut notahlement; aussi bien que le fen et la fumée,
qui ce jour-la, et la nuit suivánte , se firent de nou–
,yeaux passages. Jusque-la je n'avois pas encore
vu tant de feux ensemble , ni entendu de si grands
coups: leur violence étoit si extraordinaire , que les
maisonsdu Scaroen furentébranlées. Au traversd'une
grosse et épaisse fumée qui paroissoit une moutagne,
on entendoit le fracas d'une infinité degrosses pierres,
qui hruyoient en l'air comme de gros houlets de
canon, et retomboient ensuite sur l'ile et dans la mer
avec un fracas qui faisoit tremhler. La petite
Cam–
mení
fut plusieurs fois couverte de ces pierres en–
flammées, qui la rendoient toute resplendissante.
La premiere fois que nous v1mes ce grand éclat de
lumieres , nous ciitl.mes ,
a
cause de la proximité des
deux lles , que le
f~u
avoit passé sous la raer de l'une
a
l'autre. Nous nous trompions: tout cela ne venoit
que des pierres enduites de souffre, qui s'éteignirent
toutes en moins de demi-heure.
. Le
21
septembre, la petite
Cammení
étant ainsi
toute en feu, apres un de ces furieux coups dont j'ai
parlé ,
il s'en éleva trois grands éclairs, qui parcou–
rurent en un clin-d'reil tout l'horizon de la mer.
Dans ce meme instant il se
fit
un si grand éhranle–
ment de toute la nouvelle ile , que la moitié de la
grande bouche en tomha, et qu'il
y
eut des roc;hes
ardentes <l'une masse prodigieuse, qui furent poussées
a
plns de deux milles au loin. Nous cnl.mes tous que
ce violent et dernier effort avoit enfin épuisé la mine.
Quatre jours de calme et de tranquillité , pendant